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Histoire du Champ Saint Père

Le nom primitif du Champ-Saint-Père, joli bourg longé par la ligne ferrée de Nantes à Bordeaux et arrosé par les eaux claires et limpides du Graon, était probablement Nantée, de Nant, mot gaulois qui signifie ruisseau, dans une vallée. On appelle encore Nantée, le pâté de maisons qui avoisine le ruisseau du Graon et qui est situé à mi-côte. Saint-Père n’est qu’une corruption, de Saint-Pierre, patron de la paroisse.

 On trouve une rue de La Faïencerie dans ce quartier. Elle rappelle une ancienne activité : La Poterie : La présence de tessons, de morceaux de poterie sur la commune atteste de ce fait.

Parmi les arrière-fiefs de la paroisse du Champ-Saint-Père, il convient de citer : Montorgueil, Le Petit Château, La Poiraudière, La Mothe-Freslon. L’ancien château de la Poiraudière, situé au centre du bourg, et aujourd’hui démoli, communiquait avec celui de la Mothe-Freslon, dont il est parlé dans un document de 1203.

À cette date, le monastère do Luçon reçut de Thibauld-Freslon, seigneur du Champ-Saint-Père, une maison sise au Champ-Saint-Père, les moulins de Sauvaget et d’autres domaines» (Abbé Louis Brochet, 1901).

La commune entre dans l’histoire…

Mais CHAMP SAINT PERE entre dans l’histoire du temps de Henri IV. Le 8 novembre 1563, Jacques Buor, seigneur de la Mothe-Freslon, était nommé garde des forêts, bois et buissons appartenant au roi en Bas-Poitou, suivant commission de Jacques du Fouilloux, garde général des chasses royales de la province.

Le nom de la Mothe-Freslon évoque le souvenir du roi Vert-Galant qui, par deux fois, y séjourna : une première fois  en 1583, où il arriva incognito, au milieu de nombreux gentilshommes: les Lescours — de Béjarry de la Roche — Bernon de l’Isleau et d’autres encore qu’il étonna par sa verve, son entrain endiablé, et aussi par l’absorption de forces rasades, et qui devinrent ses plus intrépides lieutenants.

La seconde fois au moment de faire lever le siège de la Garnache. En revenant de chasser à la Bironnière, près Sainte-Hermine, il fut atteint d’une pleurésie. C’était le 9 janvier 1589, d’après une lettre de Duplessis Mornay à de Morlas.

Comme il faisait grand froid, le prince allait à pied ; il s’échauffa dans cette marche. Etant arrivé au Champ-Saint-Père, il fut saisi d’une fièvre violente : on reconnut que c’était une pleurésie et on le transporta alors au château de la Mothc-Freslon, appartenant à un gentilhomme du nom de Buor.

Duplessis-Mornay n’abandonna pas son maître, et prit sur lui de le faire soigner: le mal lit beaucoup de progrès, malgré tous les soins prodigués par M. d’Orthoman. Le prince donna ordre qu’on fit des prières pour lui dans toutes les églises réformées, et principalement à la Rochelle. Il était sept heures du soir lorsqu’on apprit cette nouvelle; tout le peuple, jusqu’aux enfants et aux domestiques, accourut au temple. On n’entendait que gémissements et prières ferventes pour la convalescence d’un prince si cher à la nation.

On fut rassuré, peu de jours après, par la nouvelle de sa guérison (Abbé Brochet,id).

Ce donjon, aujourd’hui en ruines, de la Mothe-Freslon, est entouré de douves d’environ 100 mètres de développement. La cour de ce qui fut jadis une maison opulente, présente la forme d’un vaste quadrilatère bordé de vieux bâtiments plus ou moins délabrés, habités par un fermier.

 

La Révolution

Plusieurs habitants du Champ-Saint-Père se joignirent à l’armée de Charette et prirent part à la bataille de Saint-Cyr-en-Talmondais, le 24 septembre 1793. Après l’échec du général vendéen, ils rentrèrent précipitamment dans leur commune « abandonnant dans leur fuite, dit la tradition, une quantité considérable de sabots, leur chaussure habituelle ».

Depuis lors, la contrée ne fut plus guère troublée, que lors du soulèvement de 1832, auquel prirent part quelques habitants de cette commune, et qui firent le coup de feu au Port de la Claye, Saint-Cyr et Saint-Sornin.

 

19° siècle-20° siècle

Champ saint Père eut la chance d’accueillir le chemin de fer, ce qui lui apporta un développement considérable.

Les jours de foire, les paysans vendaient leurs animaux qui partaient, le soir vers Paris, des trains allant jusqu’à 1000 têtes de bétail, selon les anciens de la commune. La gare était animée jusque dans les années 1980. Le camionnage tua petit à petit le transport des marchandises sur la ligne Nantes-Bordeaux et Champ Saint Père amorça un déclin.

Historique des cloches de l’église de la commune : 

Dans l’ancienne église, deux cloches sollicitaient les paroissiens, l’une altérée et refondue, une seconde acquise à Luçon, de 451,5 kg qui donne le « La ».

Le curé de l’époque, l’actif abbé MICHAUD souhaite une troisième cloche et acquiert « La Marie Gabrielle » pesant 865 kg et qui donne le « Mi ». Elle est parrainée par Gabriel Le Bailly de la Falaise, de Montorgueil et Marie Pichard de la Blanchère, du château des Aurays.

1902, se construit une nouvelle église, l’actuelle nouvelle église, nouveau clocher et installation, par transfert des trois cloches.

Tout aurait pu aller bien dans le meilleur des mondes et donc dans le nouveau clocher…Où nos trois cloches ont pris place en septembre 1902.

Catastrophe, le 1er Novembre 1902, la plus petite se décroche, s’abat sur la moyenne, elles se retrouvent toutes les deux hors service.

Seule rescapée, « La Marie Gabrielle » avec ses 865 kg.

Le 1er Juin, cette absence des deux victimes est corrigée et le curé Rivallin fait bénir deux autres cloches :

  • La « Simone Louise Berthe » 680 kg,  Fa dièse
  • La « Marie Josèphe Fernande Augustine » 480 kg, Sol dièse

Lors de leur bénédiction, le prédicateur, le chanoine POIRIER, futur évêque de Lourdes, donna le message suivant aux paroissiens :

« Que la voix des cloches réveille les endormis, réchauffe les tièdes, soutiennent les forts, et soit pour tous un écho de la voix de Dieu. »